5 piasses dans l’autobus

img_0836

On dirait qu’il m’arrive souvent des aventures quand je prends le transport en commun. C’est, je l’avoue, un lieu de proximité et quelquefois de découvertes humaines rocambolesques.

L’été dernier, on a eu droit à la madame qui faisait sortir le dentier de sa bouche pour amuser mes enfants. Effort grandement apprécié de ma part.

Me semble que j’ai l’air calme et su’a coche accompagné de ma marmaille. Par « su’a coche », je veux dire que ça sait se tenir, ça court pas dans tous les sens, ça parle gentiment et je suis calme (ou j’en donne l’impression). Mais ma foi, je dois me rendre à l’évidence, j’attire la sympathie (ou la pitié et je refuse de le voir…).

Alors ce même été dernier, dans un trajet tout ce qu’il y a de plus banal, je transigeais avec mes trois cocos, qui ne sont plus si jeunes (entendre : je ne devrais pas me semble, attirer les regards, j’en ai juste trois, pas soixante-quatre). On se jasait ça tranquille, on devait parler de pelle excavatrice ou autre sujet lié au pelletage de terre.

Un monsieur, m’a interpellé, la voix pleine d’empathie et d’émotion et m’a tendu un cinq dollars.

-Tenez, madame, c’est pour vous aider.

Je me suis demandé sur le coup si j’étais sortie en t-shirt et bobettes, oubliant de mettre une jupe qui par le fait même, me classait automatiquement dans la catégorie de gens dans le besoin t’sé: pas d’argent pour me garnir le caleçon.

Mais non, après vérification, j’étais correctement vêtue.

-Monsieur, c’est vraiment gentil, mais ça va, j’en n’ai pas besoin…

-Non non, prenez-le, vous avez trois enfants

Recentrage sur ma personne : les trois enfants ont du linge, ils ont même des casquettes, on a l’air pas pire en santé, ils n’ont pas la joue creuse, me semble qu’on a l’air de réussir à s’en sortir.

-Monsieur! Vous êtes vraiment fin, mais je vous jure, ça va, on n’a besoin de rien!

-Madame svp, achetez leur une petite gâterie…

Le monsieur, en fait, il avait pas mal l’air d’en avoir plus besoin que moi, de son cinq piasses. Mais après une courte analyse, j’ai réalisé que je ne pouvais pas le refuser une autre fois. Que ça lui faisait vraiment plaisir que je le prenne, son argent. Que ça lui faisait du bien, à lui. Je l’ai remercié chaudement et j’ai pris l’argent, sous le regard de tous les autres passagers qui avaient suivi l’échange.

Mes enfants m’ont alors dit : « Est-ce qu’on va pouvoir s’acheter des bonbons avec maman? »

J’ai dit oui.

Le monsieur a eu le plus grand sourire du monde.

On a vraiment acheté des candy avec.

Pis moi, trois mois plus tard, j’y pense encore à cette histoire.

On aura beau dire, y’en a du monde fin, sur cette planète là.

Pis moi ça, ça m’émeut.

 

Merci monsieur.

 

 

 

Commentaires

commentaires

Comments are closed.