Les pirates versus les fées

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Quand j’étais monitrice de camp de jour, une des choses que j’aimais le plus était de raconter des histoires aux enfants. Leur monter des bateaux. Utiliser leur imaginaire encore élastique qui veut croire à tout prix, pour les faire rêver. La période de vie où on est crédule à ce point est si courte. Ce court moment quand on croit dur comme fer au Père-Noël, aux monstres, à la magie.

Une gang de moniteurs, on a même déjà fait croire des histoires de peur à des enfants de 12 ans dans une sortie en camping. Des affaires pas possibles. Qui nous vaudrait une poursuite en justice pour traumatisme en 2016. Mais dans le bon vieux temps, c’était correct de faire capoter juste un peu, des jeunes autour d’un feu de camp.

Alors moi, le Père-Noël, la fée des dents, les lutins, name it, j’peux-tu vous dire que c’est rentré dans’place quand j’ai eu des enfants. Pour mon plus grand plaisir à moi. Je me rappelle même qu’enceinte du premier, je me disais qu’on lui ferait des pièces de théâtre. Je me suis calmé le Golden Globe, mais est resté l’envie de raconter des histoires….

Étant donné la propension quasi maniaque des enfants de la famille à avoir peur de n’importe quelle affaire inoffensive le soir venu, on a toujours pris soin, le père et moi, de construire des petites histoires propres-propres, pas épeurantes pour deux cennes, mais complexe en ti-père.

Les pirates

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À l’hiver 2015, j’avais imaginé un scénario mettant en scène des pirates. Ayant déjà navigué à l’intérieur des terres des Laurentides. Il n’en fallait pas plus pour que je parte en peur avec la création d’une légende.

L’été venu, le fils ainé a donc par hasard découvert une lettre manuscrite de la main d’un pirate, enterrée dans son carré de sable, dans une bouteille « très ancienne ».

L’état de capotage d’excitation dans lequel il était quand il a trouvé la bouteille et me l’a donnée. Je vous jure, il respirait à peine, comprenant qu’il était témoin d’une rareté.

C’est que voyez-vous, je m’étais donné. Vieux papier, encre de Chine, cire à sceaux (un passé adolescent de tripage sur le médiéval a laissé plusieurs cossins dans mes tiroirs…).

On avait enterré pas moins de quatre bouteilles contenant les parties d’une carte aux trésors. Bouteilles qui avaient été soigneusement enterrées à la lueur de lampe frontale par des soirées d’été. Quand est venu le temps de les retrouver, grâce à des cartes ma foi, pas si tant précises que ça, il y a en a une ou deux qui ont nécessité beaucoup de coup de pelle. Voir le quart du terrain tout défintisé pour retrouver une mautadine de bouteille avec un boute de papier dedans.

Mais ce fut payant. Il y avait bel et bien un trésor au bout de tout ça.

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Les fées

Fière d’un si grand succès, j’ai récidivé cet été.

Cette fois-ci, c’est un arbre magique, appelé l’arbre à fées qui a généré son lot de recherches pendant tout l’été.

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On leur écrivait des messages, et elles nous répondaient sur de l’écorce de bouleau.

Le point culminant fut cette soirée où l’amoureux avait accroché des tissus dans l’arbre magique avec des lumières. On a sorti les enfants du lit pour leur montrer ça. Mais là, la plus jeune a pas voulu y aller, le milieu était solidement sur ses gardes et le plus vieux était pas certain de triper.

On avait peut-être trop mis la gomme.

Reste que les fées, imaginez-vous, ont décidé d’installer une mini porte magique dans notre maison, par laquelle il sera possible de communiquer avec le monde magique.

C’est pas comme si c’était fini, toutes ces histoires à dormir debout.

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