Pas le droit de tomber

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Je ne suis pas du genre à me gratter le bobo. Sur ma condition de femme: pas tout le temps égale socialement, des fois le salaire en dessous, de 40% plus de tâches ménagères même quand la madame travaille égale au monsieur…Je sais que c’est là. Ça me gosse. Je débats de temps en temps là-dessus, mais j’avance pareil.

Ça m’atteint plus au sujet des mères. Je trouve qu’on leur en demande pas pire pas mal, socialement. Celles qui devraient vraiment être hot dans tous les domaines avec une job à temps plein en plus de s’occuper de bambins. Mais c’est juste parce que je suis dans cette situation qu’elle me touche plus. Pas que les autres ne sont pas  importantes. Je le sais qu’il y a de la pression sur tout le monde, les hommes et même les enfants. Mais là aujourd’hui, je parle de celle des femmes.

Loin de moi l’idée de parler politique.

Surtout de politique américaine qui de toute façon, ne fait pas partie de mes préoccupations immédiates.

Mais un segment de nouvelle radiophonique m’a fait ca-po-ter raide.

Hilary Clinton.

J’ai pas d’opinion sur elle. C’est une madame qui, entre autres, connait beaucoup plus la politique que moi. Début septembre, lors de la cérémonie de commémoration du 11 septembre, elle a eu un « malaise ». Si vous n’avez pas vu quoi, je vous suggère une visite sur YouTube. Elle a genre titubé, avant d’entrer dans une voiture. Feelait  pas, faisait chaud, trop émue, me semble chu molle, j’ai une pneumonie, bref : elle  a perdu pied.

La machine médiatique s’est emballée.

Ses opposants l’ont qualifiée de « pas assez forte pour présider ».

On remet en doute la possibilité de la voir diriger un pays.

Doux Jésus : elle a perdu pied. Pas assassiné du monde dans un donjon aménagé dans son sous-sol pour se vêtir d’une robe en peaux.

Tré-bu-ché.

Le 13 septembre au matin, j’entendais ses explications au sujet de cet incident.

Elle s’excusait. Elle s’excusait d’avoir perdu pied. S’excusait de ne pas avoir informé la population de son dossier médical.

SON DOSSIER MÉDICAL .

Parce qu’elle a dit avoir une pneumonie.

Ben vo-yons donc.

Elle aurait dû, nous dire, qu’elle a une pneumonie parce qu’elle brigue la présidence américaine? Quessé? T’as juste pas le droit d’être malade quand t’es président? Ton corps devient tout à coup au d’sus de ça, les microbes?

Pis mettons, que c’est de la fatigue accumulée son affaire. C’est juste PAS GRAVE!

Et là, ben oui. Vous le savez. On est plus dure envers les femmes dans les médias.

On regarde sa coupe de cheveux, la couleur de sa robe, si elle pleure, si elle est fâchée, si elle est gentille, si elle a des enfants et qu’elle s’en occupe….

Et dans la maternité aussi, la femme se fait juger souvent.

Si elle choisit de rester à la maison avec ses enfants, elle a pas d’ambition ou un mari riche. OU les deux. Et elle est un peu paresseuse aussi.

Si elle travaille ET qu’elle laisse ses enfants à d’autres ben elle a pas de cœur. Elle n’a pas les priorités à la bonne place. Elle aurait pas dû faire d’enfants.

Et le pire dans tout ça : on se juge entre nous. On se compare. On s’analyse. On se trouve correcte ou pas.

Faudrait peut-être juste se regarder le nombril, s’écouter. Faire ce qui nous convient vraiment, dans notre situation bien particulière.

Et sacrer la paix à tout le monde autour.

 

 

 

 

 

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